Comment organiser l’architecture de l’information d’un site ?

Avril 2026
UX Design

L’architecture de l’information d’un site web désigne la façon dont les contenus sont organisés, hiérarchisés et rendus accessibles aux utilisateurs. C’est une première étape fondamentale du design UX : une architecture mal construite génère de la confusion, des abandons, et des pages introuvables, peu importe la qualité du design visuel.

Ce guide explique comment construire une architecture de l’information solide, de l’audit initial à la validation par les utilisateurs.

Les 3 composantes clés de l’architecture de l’information

L’architecture de l’information couvre trois dimensions distinctes.

L’organisation des contenus : elle définit la façon dont les informations sont structurées, regroupées et distribuées dans les différents niveaux de profondeur de l’arborescence.

La navigation : elle regroupe les manières qui permettent aux utilisateurs de se déplacer dans le site (menu principal et secondaire, fil d’Ariane, liens contextuels, moteur de recherche interne). La navigation est une manifestation interactive de l’architecture.

Le système de labellisation : il correspond au choix des mots qui nomment les rubriques et les contenus, et joue un rôle clé dans la compréhension immédiate. Un label ambigu ou interne (« Pôles d’activité » vs « Nos services ») peut bloquer un utilisateur avant même qu’il ait cliqué.

L’ouvrage de référence sur ce sujet reste Information Architecture for the Web and Beyond de Peter Morville et Louis Rosenfeld, qui définit les principes fondateurs encore utilisés aujourd’hui.

Pourquoi l’architecture de l’information est un enjeu stratégique

Une architecture mal pensée a des conséquences directes et mesurables. Les utilisateurs ne trouvent pas ce qu’ils cherchent, le taux de rebond augmente, les demandes de contact passent par le téléphone plutôt que par le site, et les pages importantes ne sont pas indexées correctement par Google.

Pour un site institutionnel (collectivité, établissement public, organisation…) l’enjeu est encore plus fort. Le public est hétérogène : usagers, partenaires, presse, élus, associations… Chacun cherche des contenus différents avec des niveaux de connaissance hétérogènes. Une architecture pensée uniquement selon la logique interne de l’organisation (ses directions, ses pôles, ses nomenclatures métier) est rarement celle qui correspond aux besoins de ces publics.

C’est le problème le plus fréquent que nous rencontrons lors des audits UX : une arborescence calquée sur l’organigramme de la structure, compréhensible en interne, opaque pour l’utilisateur externe.

Les étapes pour construire une architecture de l’information

La construction d’une architecture de l’information repose généralement sur une démarche itérative combinant analyse, recherche utilisateur et ateliers de co-construction avec les parties prenantes.

1. Auditer l’existant

Avant de restructurer, il faut comprendre ce qui ne fonctionne pas. Cet audit combine plusieurs angles :

  • Audit analytique : quelles pages reçoivent du trafic, lesquelles sont ignorées ? Quels sont les parcours réels des utilisateurs, où abandonnent-ils ?
  • Audit éditorial : quels contenus se répètent ou sont obsolètes ? Quels contenus manquent pour couvrir les besoins des utilisateurs ?
  • Audit de navigation : les chemins pour accéder aux contenus prioritaires sont-ils logiques ? Combien de clics faut-il pour atteindre une page clé ? Les parcours sont-ils intuitifs ?

Ce travail permet de poser un diagnostic objectif avant toute décision de restructuration.
Voici un extrait de l’audit réalisé avec un autre prestataire pour l’usine à sites du Centre des monuments nationaux :

Page extraite d'un audit ergonomique.

2. Définir les publics et leurs besoins

Une bonne architecture de l’information se construit avant tout à partir des usages et des besoins des utilisateurs, en s’appuyant sur les contenus existants sans en dépendre entièrement. La question à se poser n’est pas « Comment organiser ce que nous produisons ? » mais « De quoi les utilisateurs ont-ils besoin et comment le cherchent-ils ? ».

Cela implique de définir des personas (profils types d’utilisateurs), et pour chacun, d’identifier les attentes et les intentions de visite principales. Sur un site de collectivité territoriale, elles peuvent être très différentes : consulter les horaires d’une structure, déposer une demande administrative, suivre un projet d’aménagement, contacter un élu.

Exemples de personas avec photo : une femme mère de famille, un lycéen et un scientifique.

3. Recueillir les besoins des parties prenantes

Avant de structurer les contenus, il est essentiel de comprendre les attentes et les contraintes des différentes parties prenantes de l’organisation. Directions métiers, communication, support, équipes opérationnelles ou élus peuvent avoir des objectifs, des priorités ou des obligations spécifiques qui influencent l’architecture du site.

Cette phase de recueil, menée à travers des ateliers ou des entretiens, permet d’identifier les contenus jugés stratégiques, les parcours clés à valoriser et les contraintes organisationnelles ou réglementaires à prendre en compte. L’objectif n’est pas de reproduire l’organigramme de la structure, mais d’intégrer ces enjeux internes afin de construire une architecture qui réponde à la fois aux besoins des utilisateurs et aux objectifs de l’organisation.

Photos d'un atelier sur les parcours utilisateurs où les participants utilisent des post-its.
Synthèse d'un atelier sur les parcours utilisateurs sous forme de post-it numériques.

4. Structurer les contenus et construire l’arborescence

L’étape suivante consiste à lister tous les contenus que le site doit accueillir (existants et nouveaux) et à les regrouper selon une logique qui a du sens pour les utilisateurs, en intégrant les contraintes stratégiques, organisationnelles et politiques propres à la structure. Ce travail aboutit à la formalisation de l’arborescence : le plan structuré du site, qui décrit les rubriques, sous-rubriques et pages ainsi que leur niveau dans la hiérarchie.

Véritable document de référence pour l’ensemble de l’équipe projet (designers, développeurs, rédacteurs, chefs de projet), l’arborescence précise :

  • les rubriques de premier niveau (navigation principale) ;
  • les sous-rubriques et leur hiérarchie ;
  • les gabarits associés aux différents types de contenus ;
  • les pages transversales (mentions légales, accessibilité, contact, plan du site, etc.).
Exemple d'arborescence réalisée pour un site web.

Les erreurs fréquentes dans l’architecture de l’information d’un site

Plusieurs erreurs reviennent systématiquement dans les projets de conception de site, quel que soit le type de structure.

Calquer l’arborescence sur l’organigramme. C’est l’erreur la plus répandue dans les organisations. Les directions, pôles et services ont leur logique interne — mais un utilisateur externe ne connaît pas et ne devrait pas avoir à connaître l’organisation interne d’une structure pour trouver ce qu’il cherche.

Multiplier les niveaux de navigation. Une arborescence trop profonde cache les contenus. Si une page importante se trouve au quatrième ou cinquième niveau, elle ne sera ni trouvée par les utilisateurs ni bien indexée par les moteurs de recherche.

Négliger les labels. Une rubrique bien placée dans la hiérarchie mais mal nommée devient invisible. Les labels doivent correspondre aux mots que les utilisateurs emploient, pas au vocabulaire interne de la structure.

Confondre architecture et design. L’architecture de l’information se construit avant le design, pas pendant. Commencer par les maquettes ergonomiques sans avoir validé la structure en amont conduit à des allers-retours coûteux et à des compromis qui dégradent l’expérience finale.

Architecture de l’information et référencement naturel

L’architecture d’un site a un impact direct sur son référencement. Google explore les sites en suivant les liens : une page enfouie à quatre niveaux de profondeur sera moins bien crawlée et moins bien positionnée qu’une page accessible en deux clics depuis la page d’accueil.

Un cocon sémantique bien construit (pages piliers sur des sujets larges reliées à des pages satellites sur des sujets spécifiques) renforce à la fois l’expérience utilisateur et le positionnement organique. Les deux se complètent : une bonne architecture de l’information est presque toujours une bonne architecture SEO.

En résumé

  • L’architecture de l’information structure les contenus, la navigation et les labels d’un site.
  • Elle se construit à partir des utilisateurs et de leurs intentions, pas à partir de l’organisation interne.
  • Les méthodes clés : audit de l’existant, définition des personas, recueil des besoins internes, arborescence.
  • Les erreurs à éviter : organigramme = arborescence, navigation trop profonde, labels internes, design avant structure.
  • Une bonne architecture améliore simultanément l’expérience utilisateur et le référencement naturel

Vous travaillez sur la refonte d’un site et souhaitez poser des bases solides avant de passer au design ? Parlons de votre projet